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Témoignage d'un de nos anciens apprentis, devenu patron

Mis à jour : 6 mai 2019


Pour commencer je vais vous interpeler en vous posant la question :

Seriez-vous fiers si votre enfant était redirigé vers un cursus de formation en alternance ?

Ou déçu qu’il ne fasse pas de grandes études ?


J’imagine votre réponse....


J’ai la chance d’être marié à une germanophone de la région de Saint Vith.

Chez eux se former en alternance est une fierté.

Il faudrait donc que pour le reste du pays se soit de même !


Si nous voulons qu’un jeune réussisse. il est primordial que lui et sa famille soient fiers de lui avant toute chose.


Voici le témoignage de mon parcours scolaire qui connut un début très chaotique et une fin heureuse…


Après l’école primaire, je me suis retrouvé, à 12 ans, en 1ère humanité où je n’arrivais pas à suivre la cadence imposée.

L’école a décidé de me placer en année de transition dite ‘préparatoire’ afin de mieux me préparer pour le reste de mes humanités.

Cette première année préparatoire ne m’a malheureusement pas beaucoup aidé : nous étions en 1996, les professeurs faisaient grève, nous n’avions donc presque pas école ….


Après ma première, j'entre en deuxième et là ça coince : mauvais résultats ! L’école et mes parents ont décidé de m’orienter vers l’enseignement ‘technique de qualification’, en internat à Tournai en section ‘électro-mécanique’. Je me plaisais bien mais je souffrais d’être loin de chez moi. Vu mes meilleurs résultats, j’ai pu revenir à la maison pour la 5ème année. Malheureusement je n’étais plus si bien encadré à ce moment et, rebelote, cela n’a plus marché pour moi.

Après une discussion avec le Centre Psycho-Médico-Social, il est décidé que j’irai commencer un nouveau parcours en formation en alternance dans un CEFA à Court-Saint-Etienne.


A l’époque, j’avais 17 ans. Je voyais de manière assez positive le fait de travailler et de déjà gagner de l’argent tout en apprenant peut être enfin quelque chose que j’allais réussir …


Le début de l’apprentissage a été très difficile : c’était dur physiquement et mes collègues étaient vraiment plus âgés.


Petit à petit, je trouvais ma place : j’ai eu un patron très exigeant et vraiment pas facile. Sans lui et l’aide de mon centre de formation je ne saurais jamais devenu un bon électricien.

Pour ma 7ème année j’ai changé d’employeur pour aller dans une entreprise du secteur de l’automation.

J’adorais et je réussissais vraiment très bien tous les défis que l’on me donnait.


A la fin des études, l’entreprise n’a pas pu m’offrir un emploi car elle n’avait pas de ressources suffisantes pour payer le salaire d’un ouvrier supplémentaire.

J‘ai très mal vécu cette épisode : du coup, j’ai décidé qu’à l’avenir je ne dépendrais plus de personne pour gérer ma carrière professionnelle.

J’ai donc décidé de lancer, en 2004, ma propre société d’électricité. Je n’avais aucun client pour commencer.

J’envoyais des lettres de publicité auprès de tas de prospects. Je me souviens d’avoir adressé des centaines de lettres écrites à la main aux architectes de Belgique pour présenter ma société et … cela a fonctionné ! A partir de 2006, j’ai eu des chantiers magnifiques, je suis devenu autodidacte dans le domaine de la domotique. J’ai ensuite engagé mon premier apprenti.


Aujourd’hui ma société est reconnue dans le domaine des techniques de pointe pour les particuliers et les PME. Nous avons un carnet de commande rempli pour les 18 mois à venir.


Je fais travailler sept salariés ainsi que de nombreux sous-traitants.

J’ai aussi formé une bonne quinzaine d’apprentis depuis le début de ma société. Pour mon plus grand bonheur, deux de ces apprentis sont devenus indépendants comme moi.

Enfin, je vais chaque année au jury de qualification des apprentis en électricité du CEFA à Court Saint Etienne !


Petite histoire de mon premier apprenti Abdel

Il arrive en Belgique au début des humanités il connait le tremplin de première en deuxième humanité.

Il est ensuite placé dans un CEFA (car trop de difficultés scolaires), j’ai le plaisir de le prendre sous mon aile, il apprend très vite et devient meilleur que certains de mes ouvriers …

Un jour lors d’un déplacement je suis au téléphone et je lui demande d’écrire ce que je lui dicte, rien ne se passe J’ai évidemment rapidement compris qu’il y avait un gros problème il ne savait simplement pas écrire et lire en français.

C’est triste en 4 ans de scolarité personne n’avait compris le problème.

Je me demande encore comment cela est possible …

Grâce au travail et au centre de formation nous avons pu l’aider il est maintenant chef d’équipe de 5 ouvriers.


D’où l’importance d’avoir un bon centre de formation qui dirige les jeunes correctement et leur donne confiance ainsi qu’une entreprise de qualité qui s’en occupe et lui apprend un métier.


J’insiste sur la qualité de l’apprentissage Il arrive trop souvent que des entreprises cherchent du rendement de petites mains en leur faisant faire des travaux non didactiques.


Un apprenti n'est pas un manœuvre, c'est une personne qui cherche à évoluer dans son domaine et à devenir quelqu'un de fier et compétent.

Merci d’avoir lu mon histoire : je serais heureux si elle pouvait inspirer d’autres jeunes qui comme moi souffrent ou ont souffert durant leurs études…


Baptiste SAMAIN, patron de BSV Domelec SPRL.





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